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Histoire de Saint-Étienne : 10 titres et la légende des Verts

12 mai 1976, Hampden Park de Glasgow. L’AS Saint-Étienne dispute la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions face au Bayern Munich. Au stade, des dizaines de milliers de Stéphanois ont fait le déplacement en Écosse. Dominique Rocheteau, jeune ailier au talent éclatant, ne joue qu’en seconde mi-temps. À deux reprises, le ballon vert frappe les “poteaux carrés” écossais, dont la forme particulière contrarie le rebond. Le Bayern l’emporte 1-0. La France entière partage la frustration des Verts.

Quarante-cinq ans plus tard, ce match est resté un mythe et a forgé la légende des Verts. Mais l’histoire de l’AS Saint-Étienne ne se résume pas à cette nuit de Glasgow. Avec dix titres de champion de France, une enceinte iconique à Geoffroy-Guichard et un public devenu référence en France, l’ASSE est l’un des plus grands clubs de l’histoire du football hexagonal.

Les origines : Casino et la naissance des Verts

L’histoire de l’AS Saint-Étienne commence en 1919 avec la création d’une amicale sportive d’employés du groupe Casino, dont le siège est à Saint-Étienne. Le vert, couleur emblématique de l’enseigne stéphanoise de la grande distribution, est adopté pour les tenues sportives. Cette association d’origine professionnelle va progressivement développer une section football qui prendra une dimension régionale puis nationale.

Le club tel qu’on le connaît aujourd’hui est officiellement constitué en 1933, à l’occasion de la professionnalisation du football en France. L’AS Saint-Étienne adhère à la nouvelle Fédération française de football professionnelle et entame son parcours dans les compétitions nationales. Le surnom “Les Verts” s’impose naturellement, en référence aux couleurs Casino qui ne quitteront plus jamais le maillot.

Les premières années sont modestes. Le club évolue entre première et deuxième division pendant les décennies 1930 et 1940, sans encore s’imposer comme une référence nationale. Mais une dynamique se construit, portée par un public local fidèle et par un encadrement qui sait que la ville, capitale industrielle de la métallurgie, mérite un grand club de football.

Les premiers titres et l’arrivée de Rocher

Le premier titre de champion de France arrive lors de la saison 1956-1957. C’est une consécration pour un club encore peu attendu à ce niveau, et le signal d’une montée en puissance. Saint-Étienne s’installe progressivement dans la première moitié du tableau, tout en construisant ce qui deviendra sa marque de fabrique : un public passionné qui remplit Geoffroy-Guichard match après match.

Roger Rocher, élu président en 1961, va donner une nouvelle dimension au club. Industriel local, fin gestionnaire, il modernise les structures, recrute intelligemment et fait jouer la carte de la formation. Sous sa présidence, l’ASSE va devenir, pendant deux décennies, le club de référence du football français, surclassant Reims, Marseille ou les clubs parisiens.

Geoffroy-Guichard, le Chaudron de Saint-Etienne
Geoffroy-Guichard, le Chaudron de Saint-Etienne

La décennie d’or 1967-1981

De 1967 à 1981, Saint-Étienne empile les sacres nationaux comme aucun autre club français à l’époque. Sept titres de champion de France entre 1967 et 1976 (1967, 1968, 1969, 1970, 1974, 1975, 1976), trois Coupes de France (1968, 1970, 1974, 1975, 1977), un statut de favori chronique. L’équipe s’appuie sur des cadres comme Aimé Jacquet, Hervé Revelli, Salif Keïta, Jean-Michel Larqué, puis plus tard Dominique Rocheteau et Michel Platini.

Cette domination repose aussi sur un style de jeu offensif et léché, qui fait des Verts les chouchous du public hexagonal. Les soirées européennes au Chaudron deviennent de véritables événements nationaux : la France entière regarde l’ASSE, dans une époque où aucun club français n’a encore remporté de Coupe d’Europe. Saint-Étienne devient un peu le porte-drapeau du football national, presque une affaire d’État.

Michel Platini debuts a l'AS Saint-Etienne
Michel Platini debuts a l’AS Saint-Etienne

Glasgow 1976 et les poteaux carrés

La consécration est espérée le 12 mai 1976 à Hampden Park, Glasgow. L’ASSE, finaliste de la Coupe d’Europe des clubs champions, affronte le Bayern Munich, double tenant du titre. Sur le terrain, les Verts dominent largement la première mi-temps. Dominique Bathenay, puis Jacques Santini, frappent à deux reprises la barre transversale, ces fameux “poteaux carrés” écossais qui passeront à la postérité dans le folklore du football français.

À la 57e minute, Franz Roth, milieu allemand, conclut un coup franc rapide d’une frappe puissante. 1-0 pour le Bayern. Saint-Étienne ne reviendra pas au score malgré une seconde mi-temps offensive et l’entrée en jeu de Dominique Rocheteau. La France découvre la frustration européenne mais découvre aussi une équipe entière de héros nationaux. Le surnom “L’Ange Vert” est alors collé à Rocheteau.

De retour à Saint-Étienne, les joueurs sont reçus en triomphe par des dizaines de milliers de supporters. Cette défaite a paradoxalement davantage fait pour la légende des Verts qu’une victoire ordinaire. Les “poteaux carrés” sont entrés dans le lexique populaire et résument à eux seuls le sentiment de fatalité.

Michel Platini et le dernier titre 1981

Michel Platini rejoint l’ASSE en 1979 en provenance de Nancy. Le numéro 10 lorrain, déjà international, va vivre à Saint-Étienne deux saisons et demie marquantes. En 1980-1981, il porte une dernière fois les Verts au sommet : l’AS Saint-Étienne décroche son dixième titre de champion de France, encore aujourd’hui le record absolu en championnat de France (à égalité avec d’autres clubs sur certaines comptabilités, Saint-Étienne reste l’un des trois clubs avec dix titres ou plus en Ligue 1 historique).

Platini quittera ensuite l’ASSE pour la Juventus à l’été 1982, après l’éclatement d’une affaire de “caisse noire” qui mettra fin à la présidence Roger Rocher. Cette affaire marque la fin d’une époque. Le club entre dans une période de turbulences sportives et financières dont il aura beaucoup de mal à sortir.

L'AS Saint-Etienne, club aux 10 titres de champion
L’AS Saint-Etienne, club aux 10 titres de champion

La descente aux enfers et la reconstruction

Les années 1980 et 1990 sont des décennies difficiles. L’ASSE descend en deuxième division, remonte, redescend, traverse plusieurs reconstructions. Le club ne retrouve plus le sommet du football français malgré la fidélité d’un public qui continue de remplir Geoffroy-Guichard, même en Ligue 2. Cette résilience populaire est devenue l’un des marqueurs identitaires de l’ASSE moderne.

La remontée s’amorce au milieu des années 2000. L’ASSE retrouve l’Europe, joue à nouveau dans la première moitié du classement de Ligue 1, et même décroche la Coupe de la Ligue en 2013, son premier trophée majeur depuis 1981. Une nouvelle génération s’impose avec des joueurs comme Pierre-Emerick Aubameyang, qui exploseront ensuite à l’étranger.

Geoffroy-Guichard, le Chaudron français

Le stade Geoffroy-Guichard, inauguré en 1931 et agrandi à plusieurs reprises, reste l’un des stades les plus emblématiques du football français. Surnommé “le Chaudron” en raison de l’ambiance qu’y créent les supporters stéphanois, il accueille aujourd’hui 41 965 places. Sa configuration rectangulaire, sans piste d’athlétisme, met les tribunes au plus près de la pelouse et amplifie le bruit produit par le public.

L’enceinte a été modernisée pour l’Euro 2016, organisé en partie en France. Quatre tribunes nommées d’après des figures stéphanoises (Pierre-Faurand, Charles-Paret, Henri-Point, Jean-Snella) entourent la pelouse. Match après match, en Ligue 1 ou en Ligue 2, le Chaudron continue de vibrer, avec des Magic Fans et des Green Angels qui font partie des groupes de supporters les plus organisés du pays.

Saint-Étienne aujourd’hui

L’AS Saint-Étienne traverse depuis quelques saisons une période complexe, alternant Ligue 1 et Ligue 2. La propriété a changé de mains : après la longue présidence Bernard Caïazzo et Roland Romeyer, le club est désormais détenu par le groupe canadien Kilmer Sports Ventures, présidé par Larry Tanenbaum, avec Ivan Gazidis dans un rôle exécutif.

Au-delà du classement, ce qui demeure intact, c’est le lien entre la ville et son club. Saint-Étienne, ville moyenne d’environ 170 000 habitants, garde une popularité nationale très supérieure à sa taille démographique grâce à son histoire footballistique. Le maillot vert reste l’un des plus reconnaissables et des plus vendus en France, particulièrement en version rétro.

Ce qu’il faut retenir

  • L’AS Saint-Étienne est officiellement constituée en 1933, sur la base d’une amicale d’employés du groupe Casino créée en 1919.
  • Le club a remporté 10 titres de champion de France et 6 Coupes de France, ce qui en fait l’un des palmarès les plus garnis du football français.
  • La période 1967-1981 est l’âge d’or des Verts, avec sept titres en moins de dix ans.
  • Le 12 mai 1976, l’ASSE perd la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions face au Bayern Munich (0-1) à Hampden Park, Glasgow.
  • La défaite de 1976 reste associée aux “poteaux carrés”, qui ont contrarié plusieurs frappes stéphanoises.
  • Michel Platini a porté l’ASSE de 1979 à 1982 et a participé au dernier titre de champion en 1981.
  • Le stade Geoffroy-Guichard, surnommé “le Chaudron”, compte 41 965 places et est l’un des stades les plus mythiques du football français.

Pour aller plus loin

Pour explorer d’autres grands noms de la Ligue 1, lisez notre histoire de l’Olympique de Marseille, notre dossier sur l’Olympique Lyonnais et notre retour sur l’AS Monaco. La concurrence entre clubs historiques du sud-est de la France a façonné une grande partie du championnat moderne.

Questions fréquentes

Quand l’AS Saint-Étienne a-t-elle été fondée ?

L’origine remonte à 1919, avec la création d’une amicale sportive d’employés du groupe Casino. Le club tel qu’on le connaît aujourd’hui est officiellement constitué en 1933, lors de la professionnalisation du football en France.

Combien de titres de champion de France l’ASSE a-t-elle gagnés ?

Saint-Étienne a remporté 10 titres de champion de France, le dernier en 1981. Le club détient également 6 Coupes de France et 1 Coupe de la Ligue (en 2013). C’est l’un des palmarès les plus garnis du football français.

Que sont les “poteaux carrés” de Glasgow 1976 ?

Lors de la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions du 12 mai 1976 à Hampden Park, l’ASSE a perdu 0-1 face au Bayern Munich. Plusieurs frappes stéphanoises ont heurté la barre transversale ou les montants, qui avaient une section carrée à l’époque, ce qui rendait les rebonds défavorables.

Pourquoi le surnom “Les Verts” ?

Le club tire son surnom et ses couleurs de l’enseigne Casino, dont le siège est à Saint-Étienne et qui a été à l’origine de l’amicale sportive en 1919. Le vert n’a jamais quitté le maillot depuis cette époque.

Pourquoi Geoffroy-Guichard est-il surnommé “le Chaudron” ?

L’ambiance créée par le public stéphanois, particulièrement intense lors des soirées européennes des années 1970, a valu au stade ce surnom. Sa configuration rectangulaire sans piste d’athlétisme rapproche les tribunes du terrain et amplifie le bruit. Le stade compte aujourd’hui 41 965 places.

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